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Documents commerciaux

Bon de livraison : la preuve que vous avez livré

En bref

Le bon de livraison accompagne la marchandise et se fait signer par celui qui la reçoit. Il liste les articles et les quantités livrées, sans les prix, et vaut preuve de livraison. C’est la pièce qui permet à votre client de valider votre facture — et à vous de prouver que vous avez livré.

Sur une prestation intellectuelle, on discute du travail rendu. Sur une livraison, on discute de ce qui est arrivé, dans quel état, et à qui. Entre un dépôt à Antananarivo et une réception à Fianarantsoa, il y a un chauffeur, deux manutentions et parfois une nuit sur la route : le bon de livraison est ce qui empêche cette chaîne de se terminer par « on n’a jamais rien reçu ».

À quoi sert le bon de livraison

Il matérialise le transfert. À la seconde où le réceptionnaire signe, la marchandise est passée de votre responsabilité à la sienne — et vous pouvez facturer. C’est la deuxième pièce du rapprochement à trois : bon de commande, bon de livraison, facture. Chez un client structuré, la comptabilité ne paiera pas tant que les trois ne se répondent pas.

Il sert aussi à cadrer les réserves. Un carton enfoncé, deux sacs manquants, un appareil rayé : le réceptionnaire l’écrit sur le bon avant de signer, et le litige porte alors sur des faits datés plutôt que sur des souvenirs. Sans réserve écrite à la réception, la livraison est réputée conforme, et vous discuterez d’une contestation qui arrive trois semaines plus tard.

Ce que doit contenir le bon de livraison

Le bon de livraison porte : vos coordonnées et celles du client ; le numéro du bon et sa date ; le numéro de la commande correspondante ; l’adresse exacte de livraison, qui n’est pas toujours l’adresse de facturation ; la désignation et les quantités livrées, article par article ; et deux blocs de signature, le vôtre et celui du réceptionnaire, avec son nom en clair et la date.

Les prix n’y figurent pas, et c’est volontaire : le bon passe entre les mains d’un chauffeur, d’un magasinier, parfois d’un gardien. Vos conditions commerciales n’ont pas à circuler avec la marchandise.

Prévoyez-le en trois exemplaires : un pour le client, un que le livreur vous ramène signé, un pour le transporteur s’il y en a un. C’est exactement la logique du carnet à souches que vend n’importe quel papetier d’Analakely — la souche reste, la page part.

Ne pas le confondre avec les documents voisins

On le confond avec la facture, parce que les deux listent des articles. La différence tient en une phrase : le bon de livraison dit ce qui est arrivé, la facture dit ce qui est dû. Les quantités peuvent d’ailleurs différer — une livraison partielle donne un bon de livraison partiel, et la facture ne porte que ce qui a été livré.

On le confond aussi avec le bon de réception, qui est le même document vu de l’autre côté : émis par l’acheteur pour constater ce qu’il a reçu. Sur les marchés publics, les deux existent, et c’est le second qui déclenche le paiement.

Les erreurs qui coûtent cher

La faute classique est de faire signer sans nom lisible. Une signature seule, trois mois plus tard, n’est rattachable à personne : exigez le nom en capitales et, si possible, la fonction.

La deuxième est de livrer sans exemplaire de retour. Le client garde le bon, personne ne vous ramène rien, et votre preuve est chez celui qui la conteste. Le livreur repart toujours avec un exemplaire signé — c’est la règle, y compris quand le client est un proche.

La troisième est d’oublier la mention des réserves. Un bon signé « pour réception » sans espace pour écrire quoi que ce soit incite le réceptionnaire à signer sans regarder, ce qui vous arrange sur le moment et vous dessert le jour du litige. Laissez-lui la place de noter.

Établissez un bon de livraison maintenant

Établissez le document sans prix pour l’exemplaire qui accompagne la marchandise, puis reprenez les mêmes lignes pour la facture une fois la livraison signée. Les quantités livrées restent celles que vous facturez, sans recopie et sans écart.

Créer ma facture — gratuit, sans inscription, vos documents restent sur votre appareil. Les montants sont en Ariary et les mentions obligatoires sont contrôlées avant l’export PDF.

Questions fréquentes

Le bon de livraison est-il obligatoire ?

Aucun texte fiscal ne l’impose comme la facture. En pratique, un client entreprise ou public l’exigera avant de payer, et vous n’aurez aucune preuve de livraison sans lui.

Doit-il porter les prix ?

Non, et il vaut mieux qu’il ne les porte pas. Il circule avec la marchandise et passe entre plusieurs mains ; les montants restent sur la facture.

Que faire en cas de livraison partielle ?

Un bon par livraison, avec les quantités réellement remises, et une facture qui ne porte que ce qui a été livré. Le reliquat fera l’objet d’un second bon et, si vous préférez, d’une seconde facture.